|
Chorégraphie: Maurice Béjart |
Le Faust de Gthe débute au ciel et se termine par une grand liturgie céleste.
Tous les épisodes anecdotiques s'inscrivent dans le cadre d'une cérémonie, parfois divine, souvent démoniaque mais où le rituels qu'il soit sacré ou magique, est toujours présent.
En choisissant une messe comme support musical de I'uvre, je ne fais que suivre la trame profonde inscrite par Gthe dans Faust.
Mais cette Messe a besoin d'être parfois coupée, détruite, niée. "Je suis l'esprit qui toujours nie", s'écrie Méphisto en apparaissant, et ce personnage plein d'humour se "musicalise" sous l'aspect à la fois violent et satirique, brutal et railleur, du tango argentin.
Gthe, qui naissait exactement à la mort de J.-S. Bach, était un grand admirateur de celui-ci.
Il contribua, avec son ami Mendelssohn, à faire connaître l'uvre du musicien.
Ce fut en partie grâce à lui que fut exécutée la Grande Messe en si mineur qui n'avait jamais été jouée du vivant de Bach. Réunir Gthe et sa Messe, c'est encore pénétrer dans la pensée de l'auteur.
Les deux autres extraits musicaux : un très court fragment de "musical comedy" américaine et l'épisode de la Mère - un ballet de Minkus - sont liés directement au phénomène de la mémoire au sens proustien du mot et interviennent comme "collage" à la fois émotif et humoristique. Il n'est pas question de prendre la Messe en Si comme support d'un ballet au sens traditionnel du mot.
On peut imaginer une immense présence divine qui entourerait le théâtre et y pénétrerait de temps en temps, par bouffée, immergeant acteurs et spectateurs dans un souffle religieux.
Présence mouvante mais constante. L'homme écoute sa voix, prie, ricane, se détourne, revient, écoute à nouveau, se cache. Éternel jeu du créateur et de sa créature qui implore et refuse la grâce.